Une union économique arabe : une utopie ?

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » 

– Winston Churchill.

Ces propos d’une sagesse profonde dont témoigne Winston Churchill sont aujourd’hui désuets et perdent de leur ampleur. Dans le cas précis d’un pays comme le Liban, il ne s’agit plus de commémorer un passé douloureux, mais de mieux appréhender le futur. Le peuple libanais ne peut plus se permettre de prendre la sphère politique comme vecteur de la vie économique et sociale. Certes, des enjeux politiques sont économiques, mais l’économie ne devrait pas être une question politique. Le peuple libanais ne peut plus vivre dans la mémoire d’un passé meurtri, de peur de ne plus pouvoir construire un futur plus radieux. 

Dans cette continuité, il nous faudrait, nous libanais, s’abstenir de ressasser les aléas passés et s’orienter uniquement vers l’avenir. C’est donc dans cette perspective qu’une union économique arabe (limitée au Moyen-Orient), pourrait renforcer l’économie libanaise aujourd’hui exsangue. C’est du fait des inégalités exacerbées par la mondialisation que la régionalisation économique se doit d’être séduisante. Cette régionalisation traduirait un mouvement d’intensification des échanges entre le Liban et ses voisins. Il s’agirait donc, pour le Liban, en coopération avec son voisinage, de mettre en place successivement une zone de libre échange, une union douanière, un marché commun, une union économique et, ultimement, une union économique et monétaire (Balassa, The theory of economic integration, 1961). 

La régionalisation ne serait que bénéfique et engendrerait des gains à la fois statiques ( effet de création de trafic et effet de détournement de trafic) et dynamiques (gains tirés des économies d’échelle et stimulation de la concurrence). Un tel mouvement ne fera qu’accroître les exportations libanaises. Et dans une certaine mesure permettra d’établir un excédent budgétaire, permettant par la suite de réduire le poids de la dette libanaise. En effet, selon la théorie de l’union douanière développée par J. Viner dans les années 1950, l’abolition des barrières douanières permet aux pays membres de s’approvisionner à un coût moins élevé chez les partenaires de l’union (création de trafic).Les pays de l’union vont ainsi substituer à des importations de pays tiers des importations en provenance de pays de l’union (détournement de trafic). Ainsi, à défaut de pouvoir prétendre à des exportations mondiales (notamment en raison de la faiblesse de son tissu industriel et productif), le Liban pourrait compter sur un marché régional. Ce serait donc en se tournant vers les autres, que le Liban pourra voir plus loin dans le futur et espérer un avenir économique meilleur. Mais au vu des divergences politiques et des affinités personnelles envers nos voisins, il n’en demeure pas moins qu’une union économique et commerciale reste pour l’heure utopique.

Économie/Economics

Fouad Nadra View All →

Etudiant en école préparatoire HEC à Paris, j’aspire au Liban qui renaitra de ses cendres. Mais une renaissance ne se fera pas sans un redressement économique rigoureux. L’économie permet de comprendre l’ensemble des enjeux contemporains et de mieux appréhender la construction d’un futur plus radieux.

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